Trans Oberwallis 2012 Etape 2

Posted by Ovronnaz in Mountain Bike, Trans Oberwallis | Tagged , , , , , , | Leave a comment

Le Lötschepass, difficile, mais magnifique, mais difficile quand même.

Ça faisait plusieurs années que ce ‘pass’ me toisait du coin de l’œil sur la carte du Haut-Valais. J’avais tenté une première reconnaissance à pied par le côté valaisan il y a 4 ans, mais l’orage éclatant sur le col m’avait fait rebrousser chemin. Lors de ma Trans-Alpes 2010 il ne s’intégrait pas bien dans mon parcours et je lui avait préféré son voisin plus roulable et entièrement valaisan, le Restipass. Cette année il était donc l’étape incontournable du voyage. Autant dire que je n’ai pas été déçu.

Je quitte Kandersteg toujours englué dans le brouillard d’automne depuis la veille au soir. Direction le Gasteretal en traversant les gorges de Chluse et leur petite route taillée dans la roche, ambiance garantie. Une fois passé la gorge, la vallée s’ouvre sur une magnifique petite plaine. La pente se fait beaucoup plus douce et je peux profiter du spectacle des couleurs d’automne. Je poursuis tranquillement jusqu’au pied de la montée du Lötschepass.

C’est là que la partie difficile commence. Je prends mon vélo sur le dos et en avant pour les 1000 mètres de dénivelé positif de portage. À mi-chemin le vent se renforce et un gros nuage se fait menaçant. Juste le temps d’enfiler ma veste contre la pluie, qu’il se met à tomber des cordes à l’horizontal et en pleine face. Durant une fraction de seconde je réfléchis à un plan de repli, mais comme je suis déjà à 2000 mètres d’altitude, il me reste moins à parcourir pour atteindre la chaleur de la cabane au col que pour redescendre dans la vallée. Je décide donc de poursuivre. Bien m’en a pris, car 20 minutes plus tard la pluie se calme et au bout d’une demie-heure, le soleil fait son apparition. Enfin! Le reste de la montée se déroule dans un décors de haute-montagne splendide, avec une traversée de glacier en prime.

Une fois au col je décide, malgré mon impatience à vouloir profiter de la descente, de m’arrêter reprendre des forces à la hütte et de faire sécher mes affaires. Avec le recul se fût une sage décision…

Après être remonté en selle, je n’avais pas fait 500 mètres que j’ai entendu ma roue avant crever. A ce moment je me doutais bien que cette galère allait faire partie de mon top 5 des pires galères en VTT, mais je pensais pas encore qu’elle allait directement faire son entrée à la première place.

Pour rappel j’avais déjà crevé la roue arrière la veille et utilisé ma seule chambre à air de rechange pour la réparer. Comme j’avais crevé samedi en fin d’après-midi et qu’aujourd’hui c’était dimanche, il n’y avait aucun magasin d’ouvert pour que je rachète une chambre à air de secours. J’avais donc décidé de faire le trajet sans ‘backup’. Cela me semblait une option pas excessivement téméraire, sachant que je n’avais encore jamais crevé la roue avant (généralement c’est toujours l’arrière, car c’est là qu’il y a le plus de poids) et qu’en 3 Trans-Alpes, je n’ai crevé en cumulé que 2 fois. Ce qui fait 0,6666 crevaisons par Trans-Alpes. Mais non, cette année c’était du 100% en deux jours. Je me retrouvais à 2600 mètre d’altitude avec un vélo que j’avais porté toute la montée et qui ne me servirait plus à rien pour la descente ainsi qu’une probabilité quasi nulle de croiser un autre biker qui pourrait m’aider.

L’après-midi downhill s’est donc transformée en après-midi hiking et pourtant dieu sait si le trajet Lauchernalp – Fafleralp à l’air appétissant. En passant du mode vélo au mode marche à pied, je me suis aussi rendu compte qu’on change soudain d’échelle de temps. Les descentes qui se comptent généralement en minutes dans le monde VTT, se comptent en heures dans le monde des bipèdes.

Au moins j’ai aperçu 3 grands bouquetins, qui valaient amplement le déplacement.

Une fois à l’hôtel, j’inspecte mes pneus pour essayer de comprendre pourquoi ils sont si fragiles. C’est alors que j’aperçois l’inscription Evo sur le flan. Je me souviens avoir lu sur un blog les déboires d’un autre biker durant le Grand Raid avec la même marque de pneus, mais dont j’ai oublié le modèle. Après une petite recherche Google, je suis fixé, (cf point 03), c’est bien la même gamme qui me pose tant de traquas. à l’époque je n’avais pas pris la peine de vérifier si j’avais les mêmes, sachant que j’avais un autre modèle, mais apparemment ils font une gamme Evo sur tous les modèles. Pourquoi diable faire un pneu au profil downhill comme j’avais monté, mais en plus en faire une déclinaison light et l’appeler Evo? Super programme de marketing pour embrouiller le consommateur non averti!

Le parcours de demain risque bien de passer par Pertes et Profits et de se transformer en recherche de nouveaux pneumatiques…


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